A propos de l'auteure:
Cornelia Davis est actuellement CTO chez WeaveWorks (GitOps) et a été VP of Engineering chez Pivotal (Cloud Foundry, Spring Framework)

La lecture est une activité parfois de détente, parfois d’apprentissage.
Ma récente lecture du livre “Cloud Native Patterns” de Cornelia Davis a répondu à ces deux critères.
Ma veille technique m’amène souvent à lire des articles, écouter des podcasts, sur ce nouveau paradigme qu’est le Cloud Native.

Malheureusement, l’expression est devenue avec le temps un terme fourre-tout dont le sens s’est dilué au travers des noms de technologies et d’architectures.  
Aujourd’hui, faire du K8s c’est être Cloud Native. Avoir une architecture micro-services c’est être Cloud Native.
Les exemples ne manquent pas et disons que c’est aussi pertinent que de dire qu’une API est RESTFul puisque se reposant sur le protocole HTTP…
On est sur des conditions (plus ou moins) nécessaires, mais non suffisantes.

J'ai lu de nombreux articles qui définissent le Cloud Native par le "comment on le met en place". Une manière commode de ne pas répondre à “qu'est ce que c'est?”.
Dans ce livre la question n’est pas évitée.  
Il s’agit dans un premier temps de faire comprendre au lecteur dans quel contexte business et technologique les entreprises évoluent actuellement.
En particulier, on va mettre en avant les points communs des applications et services offerts par les géants du web et autres acteurs matures sur les systèmes d'information de nouvelle génération.
C’est par l’usage et les caractéristiques de ces applications que le livre fait émerger le sens “Cloud Native”.

La narration va ensuite s’employer à décrire les obstacles à cette définition et comment les dépasser.
Il est à noter que dans ces premiers chapitres, aucun nom de technologie n’est mis en avant. Nous manipulons des notions haut niveau et des pratiques dont l’implémentation se traduit dans la suite du livre par des technologies et patterns d’architecture.

Afin de ne pas se perdre en conjectures, l’auteure a eu à cœur de proposer des solutions d’implémentation de pattern à travers 9 riches chapitres accompagnés d’un code en libre accès sur Github car c’est en forgeant que l’on devient forgeron.
Cette séparation entre la théorie et la pratique est la bienvenue sur un sujet où l’on peut rapidement perdre de vue l’essentiel.

Comme tout livre technique, c’est un livre qui se lit activement et je ne saurai trop conseiller la version papier avec le surligneur en main et le crayon pour l'annoter.
Manning fournit par ailleurs avec cette dernière une version “live” consultable sur l’application Web de l’éditeur.
Ce qui est cela dit en passant une initiative tout à fait Cloud Native :) .

A travers ce livre, je ne crois pas que l’auteure ait souhaité apporter “la” définition, mais plutôt “une” définition de ce qu’est le “Cloud native”.
Il est alors intéressant de confronter, et même d’enrichir, sa propre vision avec celle du livre.
Chez WeScale, le Cloud est au coeur de notre métier. Notre prochain Cloud Radar consacré à l'évolution vers le Cloud Native apportera sa contribution dans la définition.
Force est de constater que nous rejoignons Cornelia Davis sur de nombreux points, signe que le concept Cloud Native tend vers une maturité qui s’est construite sur ces dernières années.

En définitive, Cloud Native Patterns est un livre accessible et précieux.
Quelqu’un cherchant juste à se mettre à jour sur les enjeux qu’apportent le Cloud pourra se contenter de lire la théorie.
Un développeur sera plus que content de pratiquer des patterns dont la présentation prend le contre-pied d’arides schémas UML (souvenirs, souvenirs…).
Même chose pour un ops, qui comprendra son rôle comme élément essentiel d’un tout où les développeurs sont des partenaires.
Pour les compagnons du Cloud que nous sommes, c’est dans tous les cas l’occasion d’enrichir sa vision et de la partager au plus grand monde.

Je vous souhaite donc une bonne lecture!